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Indicateurs de la performance logistique

Le 2 mars 2010, par La rédaction

Un catalogue exhaustif de 400 indicateurs de performance a été établi au cours des 18 derniers mois par Thierry Jouenne, Professeur associé au Conservatoire National des Arts et Métiers, qui crée à cette occasion Supply Chain Meter

« L’aventure a commencé en novembre 2007 », se remémore Christian Millet, secrétaire général du Syndicat National des Fabricants de Produits Surgelés et Congelés, et du Syndicat des Fabricants Industriels de Glaces, Sorbets et Crèmes Glacés. Une aventure qui a démarré par un petit projet dans le monde alimentaire et qui trouve son point d’orgue le 11 février 2010, avec le Colloque Supply Chain Meter, au cours duquel ont été présentés les résultats de 18 mois de travaux.

« L’étude menée pour l’ANIA (Association Nationale des Industries Alimentaires) par Thierry Jouenne sur l’état de la Supply Chain dans l’industrie alimentaire, a mis en lumière le besoin d’indicateurs, de mesures de la performance logistique, de benchmarks » poursuit Christian Millet : « un groupe de travail a été formé au sein de notre commission logistique avec quatre entreprises (Boncolac, Daregal, Delifrance, Nestlé Grand Froid) ». Le travail accompli depuis 18 mois aboutit à un outil informatique de référencement d’indicateurs de performance, qui s’avère être un puissant levier tant de communication interne, que de formation des collaborateurs de l’entreprise aux concepts de la Supply Chain.

Le besoin d’un langage commun

« Diversité des acteurs… Diversité des flux… La Supply Chain réunit plusieurs milliers d’entreprises, depuis les fournisseurs jusqu’aux points de vente, en passant par les industriels, les prestataires logistiques, les grossistes et les détaillants ». Pour Thierry Jouenne, « il y a lieu de trouver un langage commun à toutes ces entreprises pour analyser les situations et chercher à s’améliorer au travers d’indicateurs de performances ».

Dans le cadre des travaux menés à l’AFNOR, quatre leviers permettent de définir ces indicateurs :

- La fiabilité logistique. « Une organisation est dite fiable lorsque la probabilité de remplir sa mission sur une durée donnée correspond à celle spécifiée dans le contrat ou le cahier des charges », explicite Thierry Jouenne, pour qui, « pour la logistique, la fiabilité consiste en la capacité de répondre à la demande du client selon un niveau de service fixé ». Les indicateurs susceptibles de mesurer cette fiabilité logistique sont le taux de service client, le taux de service fournisseurs, le taux de service transport, le taux de réclamations ou de litiges, le taux de fiabilité des prévisions, le taux d’absentéisme du personnel, etc.
- L’efficience logistique, rapport entre efficacité et coût. Il explicite la recherche d’un objectif avec le minimum de moyens engagés. Plusieurs indicateurs d’efficience peuvent être définis : coût total d’achat, coût de fabrication, coût de possession de stock, coût de transport, coût de passage à quai, etc.
- La réactivité logistique, capacité d’adapter rapidement les volumes de production et la variété des produits aux fluctuations de la demande, et d’accélérer la mise sur le marché d’un nouveau produit. De multiples indicateurs donnent une mesure de la réactivité : time-to-market, rotation des stocks, vitesse d’écoulement des produits, ratio de tension des flux, temps de cycle, de transit, d’attente, cycle order-to-cash, cycle cash-to-cash, etc.
- L’environnement, au travers de l’adoption de pratiques "vertes" et d’indicateurs éco-logistiques, comme la consommation d’énergie, l’émission de gaz à effet de serre par les activités logistiques, etc.

« On peut ainsi dénombrer des centaines d’indicateurs », estime Thierry Jouenne, « et si on les mettait tous au même plan, on n’aurait qu’une faible visibilité pour la conduite des organisations logistiques ». Voilà pourquoi ont été identifiées quatre typologies d’indicateurs définis de façon rigoureuse et structurée avec formules de calcul, données de calcul, unité et périodicité de mesure, facteurs influents, plan d’action, fichiers joints et liens Internet :

- Les indicateurs de performance : taux de service, coût logistique, tonnes de CO2 émises.
- Les indicateurs de processus : taux de fiabilité des prévisions de vente, taille de lot ou minimum de commande, fréquence de livraison, taux de remplissage des véhicules, taux horaire....
- Les indicateurs d’interface (entre l’industriel et le distributeur, entre l’industriel et le transporteur, entre l’entrepôt et les magasins de détail…) : taux de service, délai de livraison, temps d’attente, le coût de l’interface, etc.
- Les indicateurs d’activité : nombre de commandes, d’unités produites, d’heures de préparation, de colis préparés ou expédiés, de palettes hétérogènes, de tonnes-kilomètres parcourus, etc.

L’ensemble de ces indicateurs constitue le référentiel… En l’occurrence une librairie interactive où les indicateurs sont classés par niveau de maturité, levier d’action, maillon de la Supply Chain, fonction dans l’entreprise et typologie.

La télécommande pour le pilotage des processus

L’accès aux indicateurs met en œuvre une interface graphique dynamique, qui se veut simple d’utilisation, pédagogique et pragmatique : en l’occurrence, la "télécommande" sur laquelle apparaissent directement les différents éléments constitutifs de la chaîne physique : l’entrepôt de matières premières du fournisseur, le transport vers l’usine, le magasin de produits finis et leur éclatement dans un hub en sortie d’usine vers un second niveau d’entreposage. Quatre niveaux de groupage et dégroupage, reliés par une fonction de transport, sont prévus. Parallèlement, sont décrits les différents maillons constitutifs de la chaîne fonctionnelle ayant un impact sur le processus logistique : les ventes du fournisseur de matières premières, les achats de l’industriel, les ressources humaines, la production, la qualité, la Supply Chain, le marketing... et ce, en interface avec la centrale nationale d’achat, la fonction Supply des distributeurs, les fonctions Qualité Produit et R & D des distributeurs, puis ces mêmes fonctions au niveau régional. La chaîne fonctionnelle s’achève par la fonction d’exploitation des magasins et restaurants.

Tout en haut de la télécommande, sont disposés deux filtres :

- Le niveau de maturité logistique de l’entreprise utilisatrice (entre 0 l’entreprise qui limite ses activités au transport, et 4 pour celle capable de mettre en pratique la collaboration logistique).
- Les quatre leviers logistiques : fiabilité, efficience, réactivité, environnement.

Pour avoir accès aux indicateurs et les sélectionner, l’utilisateur active la télécommande en indiquant son niveau de maturité. Il sélectionne l’un de ces quatre leviers, puis un maillon de la chaîne physique. Finalement, il clique sur l’indicateur de son choix pour découvrir sa définition, sa formule de calcul, ses facteurs influents…

Aujourd’hui, ce sont quelque 400 indicateurs qui ont été répertoriés, avec leur définition et leur formulation. « Bien entendu, commente Thierry Jouenne, si vous avez des propositions d’indicateurs, vous pouvez toujours nous les transmettre, en mentionnant leur définition, leur formule de calcul, des remarques constructives le cas échéant ».

À l’évidence, pour un benchmark visant au pilotage d’une activité ou d’une entreprise, une dizaine d’indicateurs au plus, suffit, en l’occurrence les plus pertinents en fonction des besoins de l’entreprise, de sa taille et de sa maturité logistique. Mais comment choisir les plus pertinents ? Et comment se benchmarker au sein d’un secteur d’activités où chaque entreprise aurait choisi des indicateurs différents de ceux de ses confrères ? Ces interrogations conduisent Christian Millet à souligner que « des groupes de travail vont être mis en place afin de rechercher les 5 à 10 indicateurs les plus pertinents pour chaque profession… Nous allons par ailleurs nous rapprocher de l’ASLOG qui établit des benchmarks depuis 10 ans dans la Supply Chain de différents secteurs professionnels ».

Supply Chain Meter diffuse cette expertise

Une plate-forme collaborative dédiée au langage commun de la performance a été créée sous forme d’une SARL pour diffuser cette expertise : Supply Chain Meter. Pour avoir accès aux indicateurs, les utiliser, il faut devenir membre de Supply Chain Meter, puis partir des objectifs stratégiques de l’entreprise, identifier et aligner les indicateurs pertinents, organiser la chaîne de collecte et de mesure des performances, évaluer les performances par des revues opérationnelles et stratégiques.

« Nous allons créer d’ici avril 2010 des groupes de travail pour définir d’autres indicateurs pertinents, améliorer les indicateurs existants, constituer des bases de données », dévoile Christian Millet. Ces indicateurs de performances pourront être échangés avec les partenaires clés, ou intégrés dans les systèmes d’information des entreprises.

« Un domaine qui nous est cher, au CNAM… », ajoute Thierry Jouenne, « … pouvoir intégrer ces indicateurs dans l’enseignement afin de permettre aux étudiants de comprendre le sens de la logistique et son rôle dans la chaîne de la valeur, mais aussi, dans le cadre de stages, de mesurer les étapes d’avancement tout au long du stage ». Dans le domaine de la recherche, ces travaux ouvrent une dimension intéressante puisqu’on va chercher à mesurer le rôle de la Supply Chain dans les comptes de résultats de l’entreprise, dans son action commerciale, ou d’autres fonctions de l’entreprise. En somme, tout commence aujourd’hui…

Jean-Claude Festinger

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